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Budget 2027 : impôt, retraites, allocations, ce que le projet changerait pour vous

Le projet de budget 2027, présenté en Conseil des ministres le jeudi 1er octobre 2026, ne prévoit pas de hausse générale de l’impôt sur le revenu (le barème serait indexé sur l’inflation), mais il demanderait un effort aux retraités, aux familles et aux locataires : revalorisation des pensions limitée au-delà de 1 260 euros par mois, abattement fiscal des retraités plafonné à 3 000 euros, allocations familiales et APL gelées. Rien de tout cela n’est encore la loi : le texte part maintenant au Parlement, qui peut le modifier en profondeur d’ici la fin de l’année.

En bref

  • Impôt sur le revenu : le projet prévoit d’indexer le barème sur l’inflation, donc pas de « gel » qui ferait payer plus à revenu égal.
  • Retraites : pensions indexées jusqu’à 1 260 euros par mois ; au-delà, revalorisation réduite ou gel « à discuter », et plafond de l’abattement de 10 % ramené de 4 439 à 3 000 euros.
  • Familles et logement : allocations familiales maintenues à leur niveau de 2026 et APL non revalorisées en 2027.
  • Épargne : un prélèvement exceptionnel de 17 % sur les comptes et contrats « oubliés » détenus par la Caisse des dépôts, sans perte pour les titulaires qui les réclament.

Les chiffres clés du projet de budget 2027 #

Indicateur Ce que prévoit le projet
Effort total de redressement 54 milliards d’euros, dont 43 milliards de mesures nouvelles
Déficit public visé en 2027 5 % du PIB
Déficit de la Sécurité sociale 12,7 milliards d’euros en 2027, contre 21,8 milliards en 2026
Recettes de l’impôt sur le revenu +5,7 milliards d’euros par rapport à 2026

Selon le texte cité par l’AFP, les 43 milliards de « mesures de redressement » s’ajoutent à la montée en charge de décisions prises en 2026 et avant, ce qui porte « l’ensemble des efforts » à 54 milliards d’euros. Les taux de l’impôt sur le revenu, eux, ne seraient pas relevés.

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Impôt sur le revenu : un barème indexé, pas gelé #

C’était la grande inconnue de l’été. Le gouvernement a tranché : le projet de loi de finances (PLF) indexe le barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation. Les cinq taux (0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %) ne bougent pas ; ce sont les seuils de chaque tranche qui seraient relevés. La référence retenue est l’inflation de 2026, de l’ordre de 2 % selon la presse économique, car ce barème servira à calculer l’impôt sur les revenus perçus en 2026 et déclarés au printemps 2027. Pour comparer : dans la loi de finances pour 2026, le barème avait été revalorisé de 0,9 %.

Et moi, concrètement ? Si votre revenu a progressé moins vite que les prix en 2026, ou pas du tout, votre impôt sur ces revenus pourrait légèrement baisser, car une plus grande part tombe dans les tranches basses. Si votre revenu a suivi l’inflation, votre impôt resterait à peu près stable. Un gel du barème aurait produit l’effet inverse. Pour mesurer ce que l’inflation fait à votre budget, notre guide sur les stratégies face à l’inflation détaille les leviers.

Côté hauts revenus, le projet prolonge en 2027 la contribution différentielle sur les très hauts revenus, qui garantit une imposition minimale de 20 % pour les célibataires au-delà de 250 000 euros de revenu fiscal de référence et les couples au-delà de 500 000 euros. Instaurée en 2025 et reconduite en 2026, elle rapporterait 600 millions d’euros.

Retraités : l’effort le plus visible du budget #

Les retraités seraient mis à contribution à hauteur d’environ 5,5 milliards d’euros, en combinant deux leviers.

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1. La revalorisation des pensions. Le projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS) maintient l’indexation sur l’inflation pour les pensions jusqu’à 1 260 euros par mois. Au-delà, une revalorisation partielle ou un gel total reste « à discuter », selon le ministre du Travail, et les modalités précises seraient renvoyées à un décret. Le gouvernement en attend 4,1 milliards d’euros d’économies.

2. L’abattement fiscal de 10 % sur les pensions. Le PLF abaisserait son plafond de 4 439 à 3 000 euros par foyer, pour un rendement estimé à 1,4 milliard d’euros. Cet abattement réduit le montant des pensions soumis à l’impôt.

Et moi, concrètement ? Le nouveau plafond ne concerne que les foyers dont 10 % des pensions dépassent 3 000 euros, soit plus de 30 000 euros de pensions déclarées par an pour le foyer. Exemple : un couple de retraités déclarant 40 000 euros de pensions bénéficie aujourd’hui d’un abattement de 4 000 euros ; avec le plafond à 3 000 euros, 1 000 euros de plus deviendraient imposables, soit environ 110 euros d’impôt en plus dans la tranche à 11 %, ou 300 euros dans la tranche à 30 %. Les retraités non imposables ne sont pas touchés par ce volet.

Familles, locataires, étudiants : des aides figées #

« Le maintien des prestations familiales à leur niveau de 2026 »
Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, cité par l’AFP

D’ordinaire, les allocations familiales sont revalorisées chaque 1er avril au niveau de l’inflation. En 2027, elles resteraient au niveau de 2026, pour une économie attendue de 500 millions d’euros. Le gouvernement vise aussi 600 millions d’euros de moins sur l’allocation de rentrée scolaire.

Les aides personnelles au logement (APL) ne seraient pas revalorisées, « exceptionnellement en 2027 ». Les étudiants issus de familles aisées devraient choisir entre l’APL et « le gain en impôt pour leurs parents », c’est-à-dire le rattachement au foyer fiscal ou la déduction de la pension alimentaire versée. Pour faire le point sur les autres aides de la rentrée, voir ce récapitulatif des aides étudiantes 2026-2027.

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Le projet introduit enfin des frais d’inscription pour les étudiants non boursiers : 178 euros en BTS et 270 euros en classe préparatoire aux grandes écoles, deux formations aujourd’hui gratuites.

Épargne : le prélèvement sur les comptes oubliés #

Aucune mesure ne touche directement le Livret A ou l’assurance vie en cours. En revanche, le projet crée un prélèvement exceptionnel de 17 % sur les avoirs en déshérence détenus par la Caisse des dépôts (comptes bancaires inactifs, livrets oubliés, contrats d’assurance vie non réclamés), sur leur montant arrêté au 31 décembre 2026. Rendement attendu : 1,4 milliard d’euros.

Le texte précise que le dispositif « ne porte aucunement atteinte aux droits des titulaires et de leurs ayants droit » : si la somme est réclamée, elle est reversée en intégralité, intérêts compris. Et moi, concrètement ? Si vous pensez avoir un compte oublié ou être bénéficiaire d’un contrat, la recherche se fait gratuitement sur le service public Ciclade de la Caisse des dépôts.

Ce que le projet changerait, mesure par mesure #

Mesure Ce qui changerait Pour qui
Barème de l’impôt sur le revenu Seuils des tranches relevés comme l’inflation 2026 Tous les contribuables imposables
Pensions de retraite Indexées jusqu’à 1 260 €/mois ; au-delà, revalorisation réduite ou gel à discuter Retraités au-dessus de 1 260 €/mois
Abattement de 10 % des retraités Plafond ramené de 4 439 € à 3 000 € par foyer Foyers déclarant plus de 30 000 € de pensions
Allocations familiales Pas de revalorisation au 1er avril 2027 Familles allocataires
APL Pas de revalorisation en 2027 ; choix APL ou avantage fiscal des parents Locataires, étudiants de familles aisées
Contribution différentielle hauts revenus Prolongée en 2027 Revenus au-delà de 250 000 € (500 000 € pour un couple)
Avoirs en déshérence Prélèvement exceptionnel de 17 %, restitué si réclamé Fonds non réclamés détenus par la Caisse des dépôts

Les autres mesures du projet #

  • Le nombre d’agents de l’État et de ses opérateurs baisserait de 1 076 en 2027.
  • La « taxe soda » serait élargie à certains produits transformés sucrés contenant des additifs.

Le débat sur les niches fiscales, lui, va se poursuivre au Parlement. Pour le comprendre, notre confrère finance-bilan.fr a détaillé les propositions du Conseil des prélèvements obligatoires sur les niches fiscales.

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Et maintenant ? Le calendrier jusqu’au vote #

Le PLF et le PLFSS vont être examinés par l’Assemblée nationale puis par le Sénat. La Constitution (article 47) donne au Parlement 70 jours pour se prononcer sur le projet de loi de finances et 50 jours pour celui de la Sécurité sociale, avec l’objectif d’une adoption avant le 31 décembre. Faute de majorité absolue à l’Assemblée, des amendements sont probables. Le gouvernement peut aussi recourir à l’article 49.3, qui reste utilisable pour les textes budgétaires. Les mesures ne s’appliqueront qu’une fois la loi publiée au Journal officiel, et certaines dépendront ensuite de décrets.

Pour situer ces annonces dans votre budget du quotidien, notre article sur la notion de pouvoir d’achat rappelle comment se mesure l’effet des prix sur vos revenus.

Questions fréquentes #

Les impôts vont-ils augmenter en 2027 ?

Pas de façon générale selon le projet : le barème de l’impôt sur le revenu serait indexé sur l’inflation et les taux resteraient inchangés. Certains foyers paieraient toutefois plus, notamment les retraités déclarant plus de 30 000 euros de pensions, en raison de la baisse du plafond de l’abattement de 10 %.

Ma retraite sera-t-elle revalorisée en janvier 2027 ?

Si votre pension ne dépasse pas 1 260 euros par mois, le projet prévoit son indexation sur l’inflation. Au-delà, une revalorisation partielle ou un gel est encore à discuter. Le Parlement peut modifier ce seuil avant l’adoption du budget.

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Quand ces mesures s’appliqueront-elles ?

Seulement après le vote définitif du budget, attendu avant le 31 décembre 2026, et sa publication au Journal officiel. Jusque-là, il s’agit d’un projet qui peut évoluer au fil des débats.

À retenir

  • Le barème de l’impôt sur le revenu serait indexé sur l’inflation : pas de hausse automatique à revenu constant.
  • Les retraités au-delà de 1 260 euros par mois et les foyers déclarant plus de 30 000 euros de pensions seraient les plus concernés.
  • Allocations familiales et APL resteraient au niveau de 2026.
  • Tout reste au stade de projet jusqu’au vote du Parlement, attendu avant la fin décembre.

Sources : BFM Business, retraites (1er octobre 2026) ; BFM Business, barème 2027 (1er octobre 2026) ; Le Télégramme avec AFP (1er octobre 2026) ; franceinfo (1er octobre 2026). Le dossier de presse officiel n’était pas accessible en ligne au moment de la rédaction ; cet article sera mis à jour à sa lecture.

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